Accueil du site / Evénements / Fête aux langues régionales édition 2016

Préparée depuis l’an passé par un "Comité de coordination de la Fête aux langues régionales" qui s’est réuni à de nombreuses reprises sous la direction de Michel Francard, la Fête des langues régionales (sans manifestations dans les régions, cette année), s’est déroulée le dimanche 15 octobre à l’Institut Notre-Dame à Namur.
Ledit comité, formant une association de fait, est intégré dans El Môjo dès Walons, qui, ayant passé une convention avec la Fédération Wallonie-Bruxelles, pourra obtenir, lors du renouvellement de celle-ci, le financement d’activités liées à la Fête.
Les membres du comité de coordination de la Fête peuvent demander à devenir membre de l’association carolorégienne. Il y aura ainsi à l’avenir un financement direct de la Fête, en plus du financement direct par le budget des langues endogènes.
Ce dimanche 15 octobre, tout a débuté comme en 2015 par les concert des Molons de la Société royale Moncrabeau (de Namur).
Deux personnalités politiques ont ensuite pris la parole : le bourgmestre de Namur et vice-président du gouvernement wallon Maxime Prévot, et la députée provinciale en charge de la Culture Geneviève Lazaron.
On retiendra du discours de Maxime Prévot deux éléments importants :
1° il estime que la diversité de nos wallons est une richesse qui doit être maintenue ;
2° il marque son accord pour engager la capitale de la Wallonie à promouvoir la langue régionale sur son territoire dans divers domaines selon ce qui est prévu dans une charte qui lui a été proposée. Cette charte émane du Conseil des Langues régionales endogènes. Elle a été finalisée par un groupe de travail au sein du comité de coordination de la Fête. Elle sera proposée à d’autres communes wallonnes et leur permettra éventuellement d’obtenir, à la suite de Namur, un label de commune "wallonne".
Dans la grande salle se déroula ensuite un jeu de plateau géant "Le Petit Prince découvre les langues de Wallonie" qui passionna littéralement les participants(e)s. Il n’y eu aucun temps mort dans cette activité qui recueillit un grand succès.
Les stands des associations étaient rangés le long des mires de cette salle.
Dans d’autres locaux étaient organisés des ateliers de découverte des langues régionales.. _ Ici, il faut mettre en évidence le rôle important joué par les bibliothécaires (de Liège, de Namur) et par quelques autres animateurs et animatrices bénévoles, et les remercier vivement pour leur implication.
La remise des prix qui se déroula à 16 h 30, nous parut menée avec précipitation. Tous les gagnants ne furent pas appelés à venir et l’on ne sut pas toujours le montant des prix ni leur origine. Voici les résultats détaillés :
Concours de néologismes : "Bate des noûmots" ; cette année on avait présenté aux candidat(e)s une liste de termes du domaine médical (était-ce engageant pour des personnes dont la plupart sont déjà confrontés à ce qu’on appelle familièrement des clôs d’ wahê, di vacha ou d’ lûja ? Voir ci-dessous le clin d’œil de Jeannine Lemaître).
Voici le podium de ces néologismes : 3ème prix : Ochatrô, ostéoporose, proposé par l’Atelier wallon preslois ; 2ème prix ; Crôs song’, excès de cholestérol, proposé par Jeannine Lemaître et par l"Atelier preslois ; 1er prix : Askoutiô, stéthoscope, proposé par Michèle Hélin.
Concours de création graphique "Dessine moi une mascotte" : Le gagnant est Jean-Philippe Legrand, petit-fils de l’auteur wallon Camille Gaspard, lequel s’exprima avec aisance dans un wallon qui nous parut urréprochable. Le nom de sa mascotte : "Djazète". On trouve Odille Hennebert et Jacques Raes aux deuxième et troisième places.
Quant au premier prix du Concours d’écriture dramatique "Nos langues, elles comptent !", il va à Roland Thibeau qui vint saluer, des coulisses où il se préparait pour le spectacle qui allait suivre. Titre de son œuvre : "Mèrci, Mossié Dukane". Deuxième au classement, Pierre Lazard avec "Binv’nûwe è l’ Walonîye", troisième, Paul-Henri Thomsin avec "Tu djases wallon,sais-tu toi", quatrième, Léon Hansenne avec "In drole di procès", cinquièmes ex-aequo, Denis Mogenet "La barone du courtil" et Anita Goeffers, "L’héritans’ da Moncheû Pikâr", sixième, Georges Ghys, avec "On manèdje di sots". Deux manuscrits ont été jugés irrecevables.
La Fête se clôtura par le spectacle "Li P’tit Prince èt lès planètes de Wallonie" interprété par le Roulotte théâtrale, spectacle qui dura 40 minutes.
Le petit Prince s’exprimait en français, la narration en voix pff était en langue régionale, les personnes rencontrées et le renard s’exprimaient aussi en langue régionale.
Nous fûmes très surpris de voir certains acteurs avec leur brochure à la main. Il nous semble qu’on était en droit d’attendre qu’ils connaissent parfaitement leur texte. A moins qu’il n’y ait là une intention du metteur en scène qui nous a échappé.
Quant au héros principal, jeune adulte qui surplombait de sa taille tous ses interlocuteurs, il reflétait mal la candeur et l’innocence du personnage : de surcroît, il était vêtu d’un costume à boutons dorés et ceint d’une grosse écharpe tel que l’auteur l’aurait d’abord voulu, nous dit-on, mais en rupture complète avec l’enfant de nos livres.
On ne sut pas avec précision quelles versions wallonnes ou picardes avaient été mélangées pour ce spectacle, pour quelles scènes elles avaient été choisies, ni quels étaient les traducteurs. Tout cela de même que la distribution aurait pu trouver place dans un programme que l’on aurait distribué aux spectateurs.
Reste la question du nombre de personnes ayant fréquenté cette deuxième édition de la Fête aux langues régionales. Nous dirions une centaine. Mais il faudra s’ habituer à l’idée que cette Fête rassemble des converti(e)s qui se connaissent déjà pour la plupart, plutôt qu’elle n’attire un nouveau public et en particulier un public jeune. Et ceci c’est une constatation, non un reproche.
On peut regretter aussi le peu d’implication de certaines régions et des certains acteurs institutionnels en matière de langue régionale.
Le journal L’Avenir, partenaire de la Fête, y a consacré davantage de place que l’an dernier bien qu’on y ait pas trouvé un compte rendu exhaustif de la Fête.
Il est d’ores et déjà prévu d’organiser une 3èmè Fête aux langues régionales le samedi 27 mai 2017 à partir de 14h., aux abattoirs de Bomel (Namur).
Elle sera précédée d’une semaine d’activités de sensibilisation à travers la Wallonie, du samedi 20 au vendredi 26 (inclus).

BL

Lès noûmots

Lès noûmots c’èsteût ’ne clapante îdèye
Mins nin avou dès noms d’ maladèyes !
V’s-alez pinser qui dj’ so populisse
Dj’a stou al diloûhe tot léhant l’ lisse ! _Dji m’a dit :"Ç’ n’èst nin po nosse lingadje
Ça convinreût mîs po lès djins d’adje."
Nosse walon plin d’imadjes, si vigreûs
Poqwè lî fat-i d’ner on côp d’ freûd ?
Nosse djon.nèsse n’èst vôrmint nin halcrosse
Elle inme viker èt a dès-ôtes gos’
Ossu i nos fat tuzer à lèy
Lî ofri l’ walon èt sès mèrvèyes,
Li walon d’oûy èt sès nov^tés
Sins portant roûvî l’ci d’ nosse passé !

Jeannine Lemaître
Le 13 octobre 2016

Photos envoyées via WETRANSFER

Li P’tit Prince èt lès planètes di Walonîye
Copyright Simon Fusillier

Une vue du public
Copyright Joëlle Spierkel